TCHERNOBYL 30 ANS APRÈS

Les autorités ukrainiennes ont décrété une zone morte de 29 km de rayon (la moitié d'un département français) avec son cortège de villes fantômes et l'aspect de désolation propre aux ruines et aux vestiges abandonnés. La plus connue est Pripiat, située à environ deux kilomètres du désastre, vidée de ses 50 000 habitants dans l’urgence de la catastrophe.
Entre 6 et 7 millions de personnes vivent en Biélorussie, Ukraine et Fédération de Russie, sur les territoires les plus contaminés. Une minorité d’entre elles habitent dans des territoires de forte contamination aux environs de Tchernobyl et, en Biélorussie, de Moguilev. Des populations ont été déplacées, notamment celles vivant a moins de 30 km de la centrale évacuées après l’accident. A ces personnes concernées, s’ajoutent les 600 000 liquidateurs qui ont participé aux opérations de nettoyage en provenance de toutes les anciennes républiques de l’URSS.
En dépit des interdictions, environ 500 personnes, les "samosjoly", sont revenus vivre à l’intérieur de la zone d’exclusion de 30 kilomètres autour du réacteur accidenté. Les autorités ont fermé les yeux. Souvent âgés, les "samosjoly", ont préféré ne pas quitter les villages et les cadres de vie auxquels ils étaient attachés. Mais la grande majorité des 116 000 habitants de la zone , évacués en quelques heures, ont subi le traumatisme d’un déracinement imposé du jour au lendemain.
Depuis 1986, le risque des radiations dans les zones affectées a beaucoup décru du fait de l’évolution naturelle et des mesures prises. La majorité des territoires contaminés sont maintenant suffisamment décontaminés pour y vivre et mener une activité économique. Cependant dans la zone d’exclusion et un nombre limité d’endroits des restrictions quant à l’usage du sol perdureront encore longtemps.
Les experts du forum international sur Tchernobyl s’accordent à dire que « l’impact sur la santé mentale est le principal problème sanitaire déclenché par l’accident à ce jour. Les habitants des zones évacuées ont dû se construire à une nouvelle existence. La ville nouvelle et moderne de Slavutich, à 50 kilomètres de Tchernobyl, se veut une vitrine des efforts faits par l’Ukraine pour surmonter les conséquences de l’accident.
Tout en attribuant beaucoup de leurs maux à Tchernobyl, de nombreux résidents des zones affectées négligent l’importance de leur comportement. Plus que les risques dus à la consommation de champignons et de baies provenant de forêts contaminées, il y a ceux de consommations excessives d’alcool et de tabac, domaines où les comportements individuels sont décisifs.
L’espérance de vie s’est dégradée d’une manière alarmante particulièrement pour les hommes, passant de 65 ans en 1987 à 61 ans en 1998.